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Where Saltwater Mixes With Freshwater cover

Là où l’eau salée se mêle à l’eau douce

Un recueil de haïkus bilingue en français et en anglais

Souvenirs d’une jeunesse passée sur la côte de l’Oregon (Etats-Unis)

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La boussole, le labyrinthe et le sablier

Ceci est le premier recueil de poèmes de Kent Neal.

 

 

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Poèmes

Compass

Oct-déc 2017. "entretien d'embauche" et "dans ses cheveux blancs". Gong : n° 55. Association francophone de haïku. 60000 Beauvais, FRANCE.

entretien d'embauche
qu'est-ce que dit
son langage corporel ?

dans ses cheveux blancs
des morceaux de confetti
de couleurs fluo

Avr-juin 2017. "un accord sur le climat." Gong : n° 55. Association francophone de haïku. 60000 Beauvais, FRANCE.

un accord sur le climat tes mains réchauffent les miennes

Hiver-printemps 2017. "checking my watch." Modern Haiku : n° 48:1. Portsmouth, RI 02871, ETATS-UNIS.

checking my watch
during an endless meeting
on ways to save time

Janvier 2017. "the sopranos start." World Haiku Review : hiver 2017. World Haiku Club. Londres, ROYAUME-UNI.

the sopranos start
the tenors join them
at last, the organ wakes up

Octobre-décembre 2016. "casquette à l'envers." Gong : n° 53. Association francophone de haïku. 60000 Beauvais, FRANCE.

casquette à l'envers
il met un écouteur dans
l'oreille de son pote

Septembre 2016. "a boy, his skullcap." Haiku Journal : n° 47. Prolific Press Inc. Harborton, VA 23389, ETATS-UNIS.

a boy, his skullcap
a Muslim girl paints his face
during summer camp

Juillet-septembre 2016. "le vent souffle fort." Gong: n° 52. Association francophone de haïku. 60000 Beauvais, FRANCE.

le vent souffle fort
emportant un marque-page
en forme d'oiseau

Hiver-printemps 2016. "behind a big pile." Modern Haiku : n° 47.1. Portsmouth, RI 02871, ETATS-UNIS.

behind a big pile
of mortar shells, two soldiers
hug each other

Mars-juin 2016. "l'ouvrier étale." Gong: n° 51. Association francophone de haïku. 83670 Barjols, FRANCE.

l'ouvrier étale
du goudron chaud – discrètement
il se gratte l'entrejambe

Janvier-mars 2016. "le pont des cadenas." "une piscine immaculée." Gong : n° 50. Association francophone de haïku. 83670 Barjols, FRANCE.

le pont des cadenas
sur chaque cadenas : deux prénoms
le poids de l'amour

une piscine immaculée
à deux pas
d'un égout à ciel ouvert

Octobre 2015. "deux tasses de café." Gong: special issue n° 12, Concours de l'Association francophone de haïku. 83670 Barjols, FRANCE.

deux tasses de café
deux boules de glace à la menthe
nos genoux se touchent

Octobre-décembre 2015. " allongé sur un tonneau." Gong : n° 49. Association francophone de haïku. 83670 Barjols, FRANCE.

allongé sur un tonneau
le chat aussi participe
aux vendanges

Mars 2015. "des petites plumes blanches." Ploc ! : n° 58. 54280 Seichamps, FRANCE.

des petites plumes blanches
qui flottent dans l'eau du marais –
la saison de chasse

Octobre 2014. Jours d'école (collectif de haïkus). Association francophone de haïku : 83670 Barjols et Éditions Renée Clarion. Laval (Québec) H7M 5W5, CANADA.

Jours d'école (collectif de haïkus)

une fille court vers le
bus jaune – le chauffeur s'arrête
nouveau sac à dos

à la cafet'
ça sent la tarte à la citrouille
veille d'un long week-end

à six ans, j'embrasse
Chris sur la cour de récré –
premier bisou

Octobre 2014. « partageant des sushis ». Gong : hors-série n° 11, Spécial concours AFH (Association francophone de haïku). 83670 Barjols, FRANCE.

partageant des sushis
un Anglais et un Chinois
se parlent en français

Juin 2014. « Visite du musée d'art contemporain ». Décharge : n° 162. 89240 Égleny, FRANCE.

Visite du musée d'art contemporain
huile sur toile
plâtre peint
gravure sur pierre
acier soudé et plié
acrylique sur toile
bois et verre
huile sur carton
marbre
denim sur fesses

Avril-juin 2014. « entourés par du béton », « Entre les voies du ». Gong : n° 43. Association francophone de haïku. 83670 Barjols, FRANCE.

entourés par du béton
deux rosiers en fleurs
à l'arrêt de bus

entre les voies du
tramway, papillon se pose
sur brindille tombée

Octobre 2013. « ciel gris – sous ». Gong : hors-série n° 10, Spécial concours AFH (Association francophone de haïku). 83670 Barjols, FRANCE.

ciel gris – sous
l'escalier sèchent des parapluies
de toutes les couleurs

Mars 2010. [9 haïkus]. verso : n° 140. 69480 Lucenay, FRANCE.

9 haïkus
Une nuit blanche
Lors du Ramadan. L'insomnie,
C'est le jeûne du sommeil.

Tes fesses fermes ‒
Deux beignets qui inspirent bien
Des fantasmes

Dans ton regard furtif
J'ai trouvé
Un bonheur fragile

Dans le ciel nocturne
Le soleil veillait sur nous
Tel un somnambule

Le saumon rose plane
Une petite éternité
Puis replonge dans l'eau

En regardant un dessin
Ta silhouette de nageur
Me surprend dans le reflet

La grande roue tourne
Tes yeux me donnent le vertige
Au-dessus des toits

Parmi les vagues de Wimahl
Une lumière verte
S'allume s'éteint s'allume

Alchimiste aux yeux
Bruns transforme en or
Mes week-ends de plomb

Avril 2008. « Le Diagnostic ». Jointure : n° 87. 75014 Paris, FRANCE.

Décembre 2007. « Ton fœtus ». verso : n° 131. 69480 Lucenay, FRANCE.

Ton fœtus
Il y a six mois, tu as conçu un enfant
dans les toilettes d'un avion
qui franchissait la frontière
franco-espagnole.

Cette grossesse a provoqué
des nausées matinales – faux amis,
malentendus culturels
et fautes de grammaire.

Tu as nourri ce fœtus
d'une soirée andalouse imbibée
de sangria et de sueur.
Enrique t'a fait tourner comme un derviche
afin que tu puisses ressentir
l'esprit du flamenco.

Tu as bien soigné ton espagnol.
Maintenant, enfante-le.
Ecris-le, Lis-le, Crie-le.
N'aie pas honte de ton accent.

Cette naissance
est une responsabilité de toujours.
Elève bien cet enfant
en attendant sa maturité.

Octobre 2006. « À travers la fumée ». Libelle : n° 172. 75020 Paris, FRANCE.

À travers la fumée
Je te vois à travers
un nuage de fumée.
Ta main droite porte
une clope brûlante.
Tu me regardes avec tes yeux
bleus comme le ciel clair
d'un jour andalou.

Je veux toucher
ta peau douce, brillante.
Tes lèvres délicieuses cachent
des dents jaunâtres par le tabac.
La fumée se faufile
dans mes yeux curieux.

Pourquoi ternir
ce temple doré? Pourquoi
chaque paradis a-t-il sa chute?

Juin 2006. « Un confluent ». Verso : n° 125. 69480 Lucenay, FRANCE.

Un confluent
La lumière rouge de l'Opéra
tombe sur la place.
Des couples rythmiques
tournoient sur des pierres lisses.

Une foule regarde
cette marée montante et descendante.
Je m'assieds près de la fontaine.
Vous êtes debout. Vous étincelez.

Je vous regarde fixement.
Vous n'avez pas
de cavalier. Voudriez-vous
valser avec moi?

Je serai le Rhône.
Vous serez la Saône.
La foule verra deux corps
mâles couler ensemble –
un confluent.
Mais qui mènera la danse?

Janvier 2006. « A travers la fumée », « Bleue blanche et rouge »,
« Cette nuance », « La torche ronde se lève ». Poèmes épars : n° 33. 69100 Villeurbanne, FRANCE.

A travers la fumée
Je te vois à travers
un nuage de fumée.
Ta main droite porte
une clope brûlante.
Tu me regardes avec tes yeux
bleus comme le ciel clair
d'un jour andalou.

Je veux toucher
ta peau douce, brillante.
Tes lèvres délicieuses cachent
des dents jaunâtres par le tabac.
La fumée se faufile
dans mes yeux curieux.

Pourquoi ternir
ce temple doré? Pourquoi
chaque paradis a-t-il sa chute?

bleue blanche et rouge
je suis homo mais
je suis tombé amoureux
d'une vieille dame
elle porte une robe bleue
blanche et rouge
sa silhouette est en forme
d'hexagone
elle s'appelle
Marianne

Cette nuance
Les voitures bougent
contre le vent glacial, lentement.
Leurs klaxons crient violemment
contre les feux rouges.

Les gaz d'échappement
grisent les mines de la foule
qui marchent rapidement.
Les fissures du béton coulent.

Un coin de rue, tes yeux égarés
m'attendent avec brillance.
Ils clignent et un nouveau bleu est né.

Dans mon cœur, cette nuance
allume un feu
de curaçao qui danse.

La torche ronde se lève
La torche ronde se lève
à l'est en illuminant
cette ancienne capitale
de ton Orient hexagonal.

Tu as coupé tes poignets
avec un billet d'avion.
Ton corps nu laisse
tomber des gouttes de sang.

Ô glisse-toi dans
les eaux du Rhône.
Capitule aux caresses douces
des vagues vertes.

Egare-toi dans les courants
qui coulent, qui lavent
ta peau sanglante
avec ardeur, avec soin.

Pleure! Baigne-toi dans
tes larmes chaudes, amères!
Lâche tes sanglots!
Ô lâche-toi.

Serre ce fleuve
dans tes bras;
embrasse-le
sur chaque joue.

Emerge-toi et respire.
Construis un pont
stable qui relie
deux rives culturelles.

Février 2005. « Apaisement ». Libelle : n° 154. 75020 Paris, FRANCE.

Apaisement
Au centre des arènes d'amour
je suis debout, seul.
Le taureau de mort
m'entoure avec impatience.
Qui va me sauver?
Qui est mon matador?

Un matador qui porte
une longue épée,
un pantalon moulant.
Un matador qui allume
ses yeux charmants de
son sourire chaleureux.

Le taureau grogne avant
de me charger.
Les spectateurs se lèvent –
ma famille, mes amis.
Ils hurlent.
Ils crient.

Mon cœur, ses sabots, mon cœur, ses sabots ;
bat, claquent, bat, claquent, bat, claquent ;
mon cœur, ses sabots, mon cœur, ses sabots ;

bat, claquent, bat, claquent, bat, claquent.
Deux rythmes s'entrelacent en dansant
un flamenco furieux.

Les sabots s'arrêtent.
La bête s'allonge par terre,
et commence sa sieste paisible.